Actu requin II

 

 

Le requin un prédateur, ou une idée reçue ?

 

 

 
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Le requin un prédateur, ou une idée reçue ?
Requin marteau qui vient d'être pêché
 
L’homme massacre sans compter les animaux marins, sans se soucier des conséquences et pas seulement les baleines ou les phoques, les autres grandes victimes de ce carnage sont les requins.

Qui est le tueur et qui est la victime?

Rien que le nom de squale fait froid dans le dos à bon nombre de personnes et les films « Les Dents de la mer » ne sont pas étrangers à cette phobie. Toutefois les requins ont causé en 2007, la mort d'une seule personne dans le monde : une femme tuée alors qu'elle faisait de la plongée au large de la Nouvelle-Calédonie dans le Pacifique. Il s’agissait du plus faible ‘quota’ en vingt ans, selon des données de l'Université de Floride (source AFP). Et depuis le début 2008, cinq attaques mortelles sont à déplorer :
- Un plongeur a été tué en février en Floride,
- Un surfeur australien a été tué en l'Australie courant avril,
- Un nageur a été tué en Californie en avril,
- Un surfeur a été mortellement mordu par un requin sur la côte du Mexique en avril,
- Un surfeur a été tué par un requin sur la côte Mexicaine en mai.

Mais l’homme a environ 3000 fois plus de chances d'avoir un accident de voiture que de se faire attaquer par un requin. Et le genre humain est responsable de la mort de près de 100 millions de requins chaque année, soit 11 000 par heure. Alors qui est le tueur ?

Pour les sceptiques, quelques pistes de réflexions... Les requins sont généralement « péchés » grâce à des lignes chargées d’hameçons s’étalant sur plusieurs kilomètres et dans lesquelles s’étranglent toutes les espèces qui ont pu être tentées. Sans distinction, ce sont tortues, espadons, dauphins, ... qui, incapables de respirer se noient ! Comme indiqué dans le film de Rod Stewart «
Les Seigneurs de la mer », ce mode de pêche pourrait se comparer à la mise en place de pièges en forêt, mais sur plusieurs kilomètres de long. Un tel dispositif ne viendrait à l’esprit de personnes. Mais en mer, ça ne se voit pas et donc ça ne se sait pas. Quand les lignes sont remontées, les requins, encore vivants, se voient couper leurs ailerons, puis rejetés à la mer, toujours vivants mais amputés et condamnés à l’agonie, les autres poissons étant éventuellement remis à l’eau (morts ou vivant). Mais quand les pêcheurs sont approchés par les autorités, ils coupent la ligne, et alors je vous laisse imaginer. C’est un gâchis sans nom...
Cette méthode, la plus courante, détruit donc aveuglement et rapidement la diversité et à terme l’équilibre des écosystèmes marins. Et il existe pire dans l’atrocité, car l’homme malheureusement excelle dans cette activité. Prenons l’exemple de l’Ile de la Réunion, qui compte près de 150 000 chiens errants livrés à eux-mêmes. Une « tradition locale » consiste à les utiliser comme appâts vivants pour la pêche aux requins, en leur enfonçant un énorme crochet dans les babines avant de les jeter à la mer ! Pour ceux qui en ont le courage, voici
une petite vidéo en ligne
Bilan : le requin mord et tue moins de 10 personnes par an, et l’homme l’extermine à raison de 100 millions par an.

Le mobile du requin

Maintenant je pense que tous les lecteurs de cet article ont leur petite fibre intérieure qui commence à compatir pour ces sacrés soit disant « mangeur d’hommes ». Alors certes il y a des hommes morts, mais si vous y regardez de plus près, il y a des circonstances atténuantes pour les requins car :
- l'attaque peut être provoquée par une stimulation alimentaire (donner des poissons morts à manger aux requins est très à la mode !), un contact physique (eh oui certaines personnes pensent que ce sont des petits chiens) ou à une situation de peur du squale ou de stress. Le requin, la plupart du temps, ne fera que se défendre puis s'en ira. Il n’y a pas de volonté de tuer mais, même en se défendant, il peut blesser un homme à mort.
- la morsure peut être dite d'investigation. Soucis, le requin est curieux ! Il ne rencontre pas des hommes tous les jours et par conséquent comme nous, lorsque nous sommes enfant et mettons tout à la bouche avant que maman se mette à hurler... Bref comme un enfant, le requin doit goûter voir mâchouiller pour savoir. C'est là une morsure visant à satisfaire la curiosité du requin. Il ne met pas toute la puissance de sa mâchoire et relâche vite sa prise. Cependant, une morsure mal placée peut entraîner une hémorragie, qui peut être mortelle.
-la morsure peut être une erreur d'interprétation. Eh oui vu du fond de la mer, l’homme a la même forme que les otaries ou les phoques. Un surfeur vu de dessous ou quelqu'un nageant à proximité d'une colonie de phoques peut être confondu avec l'une des proies habituelles du requin. (Pensez à regarder de nouveau le premier paragraphe sur les causes de décès en 2008).

Le mobile de l’homme

Les requins sont pêchés pour plusieurs raisons :
- dans 90 % des cas pour leurs ailerons. Ils sont vendus à un prix élevé, jusqu'à 400 euros le kilo, leur goût est très apprécié dans les soupes, mais à en croire Rod Stewart, ça ne fait qu’épaissir les bouillons et en aucun cas n’apporte de plus value d'un point de vue gastronomique.
- dans les autres cas : pour leurs cartilages utilisés contre les cancers, rhumatismes, arthrites, ... Malheureusement sans aucun fondement scientifique. Prenez le temps de taper : ‘
cartilage requin’ sur un site de recherche et vous verrez que même des marques de cosmétiques françaises en emploi et pire que ces marques vendent du bio ! Les dents sont également vendues sur les marchés sous forme de colliers, et sont appréciées car elles sont le symbole de la chance, et là j’avoue en avoir acheté un à mon frère en Corse il y a 6 ans. La peau sert à fabriquer des chaussures, des sacs à mains et des porte-monnaies.
Bilan : le requin mord l’homme pas peur, curiosité ou méprise et l’homme l’extermine pour des futilités.

Plus de requin, et alors ?

Certes on pourrait m’objecter, mais quel est le problème ? Un requin, ça ne sert à rien ! Alors là zen. Peu de gens sont familiarisés avec le réseau trophique des requins (ensemble de chaînes alimentaires reliées entre elles au sein d'un écosystème) et rares sont ceux qui ont connaissance du danger que représenterait leur disparition. Malgré une maturité sexuelle tardive : 25 ans, le requin est le roi des mers et le régulateur de sa faune depuis plus de 400 millions d’années. C’est à son contact que les espèces d’aujourd’hui ont été sélectionnées. Très peu d’espèces de requins ont la possibilité de se nourrir autrement qu’en gobant des poissons dont la taille n’excède pas celle de leur bouche. La perfection de leurs formes, leur puissance de nage et d'attaque, associée à un redoutable et subtil pouvoir de détection des proies (capteurs d’énergies et de magnétisme) en font des êtres d'exception. Leur rôle de prédateur est essentiel à l'équilibre des milieux marins et à sa bonne santé, le requin se nourrissant des poissons malades. Les requins jouent également un rôle de régulation des populations en évitant la prolifération des espèces qui pourraient appauvrir les milieux.
Par ailleurs, une étude portant sur 20 ans de données a été réalisée par la Royal Society, il en ressort qu'aucun requin ne dépasserait la profondeur d'environ 2500 mètres. Cette donnée est très importante car cela réduit drastiquement le territoire possible des requins mais, plus inquiétant, cela démontre aussi qu'aucun requin n'est hors de portée de l'homme et des outils de pêches-destructions modernes...

Déclin inquiétant des grands prédateurs

marins en Méditerranée

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Une nouvelle étude scientifique, en partie financée par le Lenfest Ocean Program, a démontré que toutes les espèces étudiées dans la mer Méditerranée affichent un déclin de plus de 97 %, en ce qui concerne le nombre et le poids des prises, depuis deux siècles.

Les conclusions de cette recherche, intitulée Shark Declines in the Mediterranean Sea : A Summary of New Scientific Analysis (Déclin des requins de la mer Méditerranée : Résumé d'une nouvelle étude scientifique), et publiée dans la revue
Conservation Biology, suggèrent que plusieurs espèces méditerranéennes sont en voie de disparition, notamment si la pression actuelle de la pêche se maintient.

L'auteur principal, Francesco Ferretti, et ses confrères, craignent que la diminution du nombre de requins n'ait des répercussions sur l'écosystème marin de la Méditerranée dans son ensemble.
Ferretti a déclaré : « La disparition de grands prédateurs tels que les requins dans d'autres zones de l'Atlantique s'est traduite par une modification de l'écosystème. On comprend mal ces changements imprévisibles, mais étant donné la disparition progressive des requins de Méditerranée, il y a lieu de s'inquiéter sérieusement des répercussions que cela pourrait avoir. »

Quarante-sept espèces de requins évoluent dans la mer Méditerranée et vingt sont considérées comme grands prédateurs.

Les auteurs de l'étude ne disposaient d'informations suffisantes que pour étudier le statut de cinq des vingt espèces de grands requins prédateurs dans la Méditerranée. Nous pouvons citer le requin bleu, une espèce de requin renard, deux espèces de requins taupes communs, et une espèce de requin marteau. Pour éviter toute ambiguïté dans certains ensembles de données concernant l'identification des espèces, les auteurs ont regroupé les deux types de requins taupes communs lors de l'analyse.
Les requins bleus, marteaux communs et renards ont été récemment classés comme « vulnérables » sur la Liste rouge des espèces menacées de l'Union internationale pour la conservation de la nature (
UICN). Deux requins taupes communs : lamie et taupe bleue, ont été répertoriés comme « en danger critique d'extinction ». De nombreux autres grands requins entraient dans la catégorie « Données insuffisantes ».

L'observation a révélé que la quasi-totalité des grands requins de Méditerranée a payé un lourd tribut aux prises accessoires dans les pêcheries de grands fonds, à la pêche ciblée ainsi qu'à la demande humaine dans les zones côtières. Les requins sont particulièrement vulnérables face à la surpêche et se remettent mal du dépeuplement, car ils ont en général une croissance lente, une maturité sexuelle tardive et peu de petits.

En moyenne, les requins pêchés en Méditerranée comptent parmi les plus petits au monde. D'après l'étude, la diminution de la taille et du poids indique que les jeunes requins sont les plus affectés par la pêche.

Selon Margaret Bowman, directrice du Lenfest Ocean Program : « Cette étude apporte une contribution majeure à notre compréhension des multiples menaces qui pèsent sur les requins. Nous en savons si peu sur les conséquences de la disparition des grands prédateurs, que nous ne pouvons nous permettre de prendre le déclin des requins à la légère. »

Il n'existe aujourd'hui aucun quota de pêche pour les espèces de requins capturées à des fins commerciales dans la mer Méditerranée. La mise en place d'un programme de surveillance global des pêcheries de la Méditerranée n'a pas été une mince affaire, vu leur nature artisanale et localisée ainsi que le grand nombre de pays bordant le littoral.

Le Maroc combat les filets dérivants

Le Maroc combat les filets dérivants
Plongeur libérant un poisson-lune pris dans un filet dérivant
crédit : © Greenpeace / Grace
Le Roi du Maroc vient de signer un accord qui permettra à son pays de financer l’interdiction effective des filets dérivants dans les eaux marocaines. Le WWF, l’organisation mondiale pour la protection de l’environnement, voit dans cet accord une avancée majeure pour l’éviction des méthodes de pêche destructrices en Méditerranée.

Outils de pêche non sélectifs et générateurs de déchets, les filets dérivants vont et viennent au fil de la marée. Ils peuvent couvrir une zone de plus de 14km de long et sont reliés soit à des flotteurs soit directement à un bateau. De nombreuses espèces marines sont tuées ou blessées accidentellement lorsqu’elles sont prises dans ces filets mortels.

Bien qu’illégaux, ces filets sont encore largement utilisés en Méditerranée. L’Union européenne les a pourtant interdits en 2002 et la Commission Internationale pour la Conservation du Thon d’Atlantique l’a fait en 2003 suite aux pressions exercées par le WWF. La Commission Générale pour la pêche en Méditerranée a également interdit les filets dérivants en 2005. Toutes ces interdictions ne sont malheureusement pas respectées.

Une étude récente menée par le WWF révèle qu’au moins 177 bateaux de pêche utilisent illégalement des filets dérivants de plus de 14km de long, dans la mer d’Albore, entre le Maroc et l’Espagne. Ils servent à pêcher l’espadon destiné au marché européen. Ces pratiques sont responsables de la mort de 3 600 dauphins et 23 000 requins par an, uniquement dans cette zone.

“La majorité des prises de la flotte marocaine en Méditerranée étant destinée aux marchés européens, l’Union se doit de réagir et de prendre ses responsabilités en veillant à ce que l’interdiction des filets dérivants soit effectivement respectée, ”déclare le Dr Sergi Tudela, Head of Fisheries au WWF-Méditerranée. “Nous demandons une fois encore à l’Union européenne qu’aucune méthode de pêche apparentée aux filets dérivants ne soit tolérée.”

L’accord qui vient d’être signé entre l’Union européenne et le Maroc, l’EU-Morocco Fisheries Partnership Agreement (FPA), stipule que 119 bateaux européens (espagnols pour la plupart) pourront pêcher dans les eaux marocaines. En échange, l’Union versera au Maroc, 36 millions d’euros par an. Une partie de cet argent servira à financer l’élimination effective des filets dérivants de la flotte marocaine, la plus importante de Méditerranée.

“Cet accord est un énorme pas en avant dans l’instauration de méthodes de pêches plus responsables en Méditerranée”, ajoute M. Tudela. “Le WWF s’évertue depuis des années à bannir les filets dérivants en Méditerranée, cette avancée constitue donc une belle victoire.”

Le dangereux déclin des populations de

requins

Les populations de requins de l'Atlantique-Nord ont chuté de plus de moitié au cours des 15 dernières années et certaines espèces approchent du point de non-retour, selon une étude publiée dans la revue "Science".

Ce sont les chalutiers qui partent au large dans l'Atlantique et les mers voisines pour pêcher le thon et autre espadon qui tuent par la même occasion des quantités énormes de requins (requin marteau, grand requin blanc, requin-tigre, renard de mer) prisonniers des filets, affirment les auteurs de l'étude.
Effectivement, certains pêcheurs ne comprennent toujours pas que les ressources halieutiques ne sont pas inépuisables comme toutes les ressources sur notre planète.A ce titre, rappelons que de trop nombreux poissons juvéniles (et qui ne se sont donc par encore reproduits) sont capturés, tués et relachés en mer (car ils n'ont aucune valeur marchande), endommageant très gravement le renouvellement de leurs populations.

Cette équipe de chercheurs de l'Université Dalhousie a analysé les livres de bord de nombreuses flottilles de pêche au large pendant 14 ans (1986-2000) et a constaté une baisse considérable du nombre de requins tués lors de la pêche au thon ou à l'espadon.

"Nous estimons que toutes les espèces de requins enregistrées, à l'exception du mako, ont décliné de plus de 50% au cours des huit à 15 dernières années", relèvent les chercheurs qui mettent en cause, outre la pêche intensive, l'insuffisance des efforts internationaux pour protéger ce prédateur.

Les résultats de cette étude vont dans le sens de précédentes recherches qui avaient suggéré un déclin du nombre de requins dans tous les océans du globe. "C'est un phénomène mondial", explique Ransom Myers, professeur de biologie à Dalhousie et co-auteur de l'étude. "Il n'y a que quelques rares régions au monde où nous avons des données satisfaisantes. Mais, où que nous allions, elles montrent la même chose: le requin est en déclin grave".

Voici plus en détail les chutes de populations constatées :
  • requin marteau : 89% dans l'Atlantique,
  • requin-tigre : 65%,
  • requin bleu : 60%,
  • renard de mer : 80%,
  • grand requin blanc : 79% ; l\'étude montre que, dans deux zones de pêche au moins, aucun grand requin blanc n'a été répertorié depuis les début des années 90.
Le requin est particulièrement menacé par la pêche intensive du fait aussi qu'il ne se reproduit pas rapidement. "Ils sont comme les humains", souligne le Pr Myers. "Ils mettent beaucoup de temps à arriver à l'âge adulte et ont relativement peu de bébés. Les gros requins n'ont que quatre petits par an. Ca les rend plus vulnérables que les autres espèces de poissons".

Selon les auteurs, les requins pourraient être protégés en modifiant quelques règles de la pêche commerciale. Ainsi, certains requins migrent le long de voies données à des moments précis de l'année. Il suffirait d'interdire la pêche durant les périodes de migration pour réduire les prises involontaires de requins.
Une autre solution consisterait à établir des zones-refuges dans les océans où toute pêche serait interdite et où les requins et les autres poissons pourraient se nourrir et se reproduire en sécurité. Cette idée présenterait, en outre, l'avantage de reconstituer les réserves de poissons pour les flottilles de pêche.

Il est important de souligner que le requin est au sommet de la chaîne alimentaire dans l'océan et sa quasi-disparition avec des millions de bêtes tuées chaque année entraînera nécessairement des pertubations sans doute irréversibles dans l'écosystème des océans.
En effet, comme toute espèce animale, le requin contribue à un équilibre et participe aussi à la survie d'autres espèces et à la régulation des populations marines.

Référence
Baum, J.K., Myers, R.A., Kehler, D.G., Worm, B., Harley, S.J. and Doherty, P.A. 2003. Collapse and conservation of shark populations in the Northwest Atlantic. Science 299: 389–392.

Maintenir sûrs, propres et sains les mers

et les océans européens

Maintenir sûrs, propres et sains les mers et les océans européens
Plage sur l'île d'Hoëdic (Morbihan, Bretagne) - France
crédit : Myriam Villert
La Commission européenne a proposé le 24 octobre une stratégie ambitieuse pour protéger l’environnement marin de l’Europe.

La stratégie thématique pour la protection et la conservation du milieu marin vise à assurer que toutes les eaux marines communautaires soient écologiquement saines d’ici 2021, dans le but de protéger ce capital précieux, qui constitue la base de ressources dont dépendent les activités économiques et sociales marines. Il s’agit de la deuxième stratégie thématique adoptée par la Commission conformément au sixième programme d’action pour l'environnement. Elle constituera un élément essentiel de la future politique maritime que la Commission proposera en 2006.

M. Stavros Dimas, membre de la Commission responsable de l'Environnement, a fait la déclaration suivante : « Les mers et les océans de l’Europe sont un facteur essentiel de la qualité de la vie et de la prospérité économique en Europe, mais ils se dégradent par l’effet de la surexploitation, de la pollution, du changement climatique et de toute une série d’autres facteurs. Il s’agit d’un domaine où s’impose une approche européenne globale et intégrée. La Commission veut que les Européens, aujourd’hui et à l’avenir, puissent profiter de mers et d’océans sûrs, propres, sains et possédant une grande richesse naturelle ».

Une nouvelle stratégie pour l’environnement marin
On assiste actuellement à une réduction considérable de la biodiversité marine due à la contamination par des substances dangereuses, à un excès de substances nutritives, aux conséquences de la pêche commerciale ou aux effets du changement climatique, pour ne citer que ces quelques exemples. Les preuves de la dégradation de l'environnement marin continuent de s’accumuler, et indiquent des changements potentiellement irréversibles, comme le montrent le mauvais état de certains stocks de poissons en Europe, ou les effets de l'eutrophisation sur l'écologie marine dans la mer Baltique.

La dégradation actuelle de l’environnement marin et l’érosion parallèle de son capital écologique compromettent les possibilités de création de richesses et d’emplois offertes par les océans et les mers européens, par exemple la pêche et le tourisme.

Pour inverser la tendance, la Commission a élaboré un cadre intégré pour lutter contre les pressions et les effets négatifs dont souffre l’environnement marin. Ce cadre fixe des orientations claires et opérationnelles pour ce qui concerne la manière d’assurer un bon état écologique de toutes les zones marines de l'Union européenne d'ici 2021.
Cette stratégie est décrite dans une communication accompagnée d'une proposition de directive et d’une étude d’incidences contenant l’analyse sur la base de laquelle la stratégie a été élaborée. La stratégie reposera sur l’acquis de tous les niveaux de gouvernance en matière de protection des mers européennes.

Les régions marines
Des États membres de l’Union européenne partagent des responsabilités en ce qui concerne un certain nombre de zones marines différentes, dont chacune possède des caractéristiques écologiques propres (mer Baltique, Atlantique du Nord-Est, mer Méditerranée). De façon à tenir compte des différences régionales, la proposition de la Commission fixe des objectifs et des méthodes communs, mais qui devront être mis en œuvre au niveau des régions marines. Cela signifie que les États membres partageant une région marine devront travailler en coopération étroite pour élaborer des plans conçus de façon à assurer un bon état écologique dans leurs eaux marines respectives. Ces plans qui devront comprendre une évaluation détaillée de l’état de l’environnement, définiront ce qu'il faut entendre par la réalisation d'un bon état écologique dans chaque mer régionale. Les plans fixeront également des objectifs environnementaux et des programmes de contrôle clairs. Aucune mesure de gestion spécifique ne sera prise au niveau communautaire, mais les plans devront être contrôlés et approuvés par la Commission.

Des États membres de l'Union européenne partagent des zones marines avec des pays non-membres. Pour en arriver à un bon état écologique, il importera donc de collaborer étroitement avec ces pays. Les États membres seront encouragés à travailler dans le cadre des conventions sur les mers régionales existantes, qui réunissent un savoir-faire considérable en matière de protection de l’environnement marin.

Chaque État membre élaborera un programme de mesures efficaces sur le plan des coûts en vue d'assurer un bon état écologique de l’environnement marin. Avant toute nouvelle mesure, il faudra réaliser des études d’incidences assorties d’analyses coûts/avantages détaillées des mesures proposées. Les programmes nationaux devront être approuvés par la Commission.

Stratégies thématiques
La stratégie marine est une des sept stratégies thématiques que la Commission doit proposer au titre du sixième programme d’action pour l’environnement (6ème PAE) de l’Union européenne. Les autres stratégies couvriront la pollution atmosphérique, la prévention et le recyclage des déchets, l’utilisation durable des ressources, les sols, les pesticides et l’environnement urbain. La stratégie sur la pollution atmosphérique a été présentée le 21 septembre 2005

Les autres stratégies seront présentées au cours des prochains mois. Les stratégies thématiques constituent une façon moderne de prendre des décisions. Elles reposent sur des recherches approfondies et des consultations avec les parties intéressées, traitent les problèmes d'une façon holistique qui tient compte des rapports avec d'autres problèmes et domaines, et renforcent la tendance à « mieux légiférer ».

Gestion des océans : progrès trop lents

Gestion des océans : progrès trop lents
crédit : notre-planete.info
Les progrès sont trop lents dans l'amélioration de la gestion des océans et des côtes du monde. Tel est le verdict des 400 experts et décideurs venus de 78 pays pour participer à la troisième Conférence mondiale sur les océans, les côtes et les îles, qui s’est tenue du 23 au 28 janvier au siège de l’UNESCO, à Paris, sous le titre de Faire avancer l’agenda mondial sur les océans.

La conférence a fait le point sur les progrès accomplis en vue d’atteindre les objectifs fixés lors du Sommet mondial sur le développement durable à Johannesburg en 2002, ainsi que les
Objectifs du millénaire pour le développement.

Les experts nous avertissent que :
- l’objectif d’élimination de la pêche illégale et de la surexploitation avant la fin de 2004 et de 2005 respectivement n’a pas été atteint, 75 % des stocks de poissons étant soit exploités au maximum soit surexploités. Les participants ont jugé irréalistes les objectifs de Johannesburg ;
- les efforts nationaux en vue d’atteindre les objectifs liés à la pêche sont insuffisants. L’OCDE et la FAO ont nommé une équipe spéciale chargée de déterminer comment venir à bout de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée en haute mer. Conduite par Ben Bradshaw, ministre de l’environnement du Royaume-Uni, elle devrait présenter en mars un projet de plan d’action ;
- les 43 petits États insulaires en développement (PEID), qui ont juridiction sur de vastes domaines océaniques, rencontrent des difficultés pour faire respecter les politiques de conservation et de contrôle des activités menées dans leur environnement marin, en raison des contraintes logistiques et financières, qui vont en s’aggravant à cause des récentes réductions de l’aide publique au développement (APD) ;
- l’objectif d’établir des réseaux représentatifs des zones marines protégées d’ici à 2012 ne serait atteint qu’en 2085 au rythme actuel de désignation, selon une étude présentée à la conférence ;
- il n’existe pas d’organisme international responsable du suivi des progrès réalisés dans la mise en place de la gestion des écosystèmes et de programmes de gestion intégrée des côtes et des océans. Il n’existe pas non plus de collecte systématique d’informations sur le niveau de vie socio-économique des communautés vivant sur les côtes ;
- il n’existe pas d’organisme international chargé de surveiller la bioprospection au-delà des juridictions nationales, ni de définition internationale de l’objet de la bioprospection. Cela découle en partie du fait que la distinction entre recherche scientifique marine et bioprospection n’est pas claire, car il est difficile de qualifier dès le départ la finalité des travaux de recherche.

Par ailleurs, les experts signalent les progrès accomplis :
- la moitié des PEID ont adopté des programmes de gestion fondés sur les écosystèmes, et des programmes de gestion des côtes et des océans ;
- 60 États ont lancé des plans d’action nationaux pour réduire la pollution marine due aux activités terrestres, qui représente 80 % de la pollution des océans ;
- l’Australie, Palau, les îles Cook et le Costa Rica, entre autres, ont commencé à mettre en place des zones marines protégées en vue d’y préserver la biodiversité des mers et des côtes ;
- 14 pays sont « en bonne voie » de réaliser la gestion intégrée des ressources en eau (marines et terrestres) ; 51 ont « adopté certaines mesures » et 43 autres en sont encore à l’étape initiale ;
- la coopération entre PEID en matière d’océans se renforce, notamment par la création du Consortium d’universités, reliant les régions du Pacifique, des Caraïbes et de l’océan Indien ;
- la mise en place d’un processus mondial régulier d’évaluation et de suivi de l’environnement marin, y compris ses aspects socio-économiques, tout d'abord prévue pour 2004, a finalement été achevée après un retard dû à la divergence de points de vue entre certains pays concernés.



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