alerte suite I

Le requin taupe est péché en priorité pour la qualité de sa chair qui est une des plus chères en Europe, mais aussi pour ses nageoires (envoyées en Asie). Cette espèce a fait l’objet d’intenses pêcheries dirigées et non contrôlées durant tout le siècle dernier, ce qui a entraîné une grave diminution des populations. Les navires pêchant le requin taupe commun en Atlantique Nord-Est sont principalement originaires de Norvège, du Danemark, de France et d’Espagne.

 

25 et des pêcheries subsistent encore aujourd’hui dans des régions comme le Golfe de Gascogne et la Mer Celtique35, 5. En 2002, la France a débarqué environ 460 tonnes de requins taupes communs capturés de façon ciblée en Atlantique Nord5. Globalement, les débarquements des pêcheries jadis importantes se déroulant autour du Royaume-Uni et dans le secteur de la Mer du Nord ont chuté tout au long de ces 40 dernières années pour atteindre des niveaux bas. Parallèlement, les captures augmentent depuis 1989 au large du Portugal, à l’ouest du Golfe de Gascogne et autour des Açores. Après avoir épuisé les populations côtières, les flottilles ont probablement dirigé leurs efforts vers les stocks de haute mer jusque là moins convoités5

.

Autres requins océaniques

Les navires espagnols pêchent aussi des espèces de requins océaniques (ou « pélagiques ») comme le requin peau bleue, le requin taupe bleu appelé aussi mako ou encore le requin renard, en Atlantique Nord-Est et en Méditerranée. Il peut s’agir de prises accessoires mais aussi de captures intentionnelles

 

5. Les requins peau bleue et taupes bleus représentent respectivement environ 33% et 20% des captures de requins déclarées par l’Espagne31. L’augmentation de la pêche ciblée de requins pélagiques par les palangriers espagnols semblent être la conséquence d’un déclin des populations d’espadons10. Une pêcherie ciblée des requins peau bleue par des palangriers espagnols opère par exemple dans le Golfe de Gascogne38. La pêche portugaise à la palangre, ciblant traditionnellement les espadons aux Açores, a capturé un nombre croissant de requins peau bleue au milieu des années 1990, cette espèce ayant représenté jusqu’à 86% des débarquements1. Le Portugal, la France, le Royaume-Uni et l’Irlande capturent aussi des requins pélagiques accidentellement au filet ou au chalut14, 38. De petites pêcheries ciblées de requins peau bleue se sont également déroulées au large de l’Irlande et des côtes sud-ouest de l’Angleterre35

.

Durant les dernières décennies, les captures accidentelles de requins peau bleue, de makos et de requins renards étaient fréquentes pour les palangriers méditerranéens.

Elles sont aujourd’hui plus rares, probablement à cause d’un déclin des populations, mais continuent à être significatives dans quelques secteurs, comme en Mer d’Alboran qui constitue une zone de reproduction pour ces espèces

 

33. Les filets dérivants illégaux, ciblant l’espadon en Méditerranée, sont responsables d’un nombre non négligeable de captures accidentelles de requins pélagiques et de plusieurs espèces de raies37

.

Les pêcheurs sportifs pratiquant la pêche au gros dans les eaux britanniques et en Méditerranée capturent également des requins pélagiques, en particulier des requins peau bleue et des requins renards. De plus en plus souvent, ces animaux sont relâchés vivants en mer.

Le requin pèlerin

L’immense requin pèlerin qui filtre l’eau pour se nourrir vit dans les eaux tempérées et froides du globe, notamment en Atlantique Nord-Est, de l’Arctique à la Méditerranée

.

Pendant des siècles, ce requin a été chassé dans les eaux européennes. A l’origine, ce sont les chasseurs de baleines qui ont recherché les requins pèlerins pour leur foie (qui représentent jusqu’à 25% du poids du corps) afin d’en extraire l’huile pour alimenter les lampes. La chair servait à nourrir les animaux ainsi que pour la consommation humaine, et la peau était utilisée pour confectionner du cuir

 

24. Plus récemment, les requins pèlerins ont été pêchés pour l’huile de leur foie (qui a servit en cosmétique et en pharmaceutique), pour leur chair (utilisée pour la consommation mais aussi pour la confection de farine servant en aquaculture) et pour leurs ailerons, qui sont parmi les plus prisés sur le marché Est asiatique21. Cette pêche a été pratiquée surtout par la Norvège, l’Irlande, l’Écosse, l’Espagne et l’Islande24

.

La plupart des pêcheries de requins pèlerins se sont caractérisées par de sévères et durables diminutions des captures, après la pêche de quelques centaines à quelques milliers d’individus

 

24. Une telle pêcherie débuta en 1947 sur la côte ouest de l’Irlande. Le niveau des captures a atteint son maximum dans les années 1950 avec 1 000 à 1 800 requins débarqués par an, avant de chuter de 90% en 20 à 25 ans. Les tentatives de relance de cette pêcheries au court des années 1970 ont échouées malgré les prix élevés de l’huile. Cette population a tellement diminuée que ses effectifs ne se sont pas encore rétablis 40 ans plus tard24

. Des navires norvégiens ont également pêchés les requins pèlerins en Atlantique Nord-Est durant des décennies. Le niveau des captures a été élevé de 1959 à 1980 (de 1 000 à 4 000 requins), a connu un sursaut au début des années 1990 en raison du prix des ailerons, puis à nettement diminué malgré la progression importante de la valeur des ailerons. La majorité des nageoires débarquées par la Norvège a été exportée vers le Japon.

L’Union Européenne a récemment fixé à zéro les quotas de pêche pour cette espèce. Mais les requins pèlerins sont toujours capturés accidentellement et victimes d’engins de pêches tels que les chaluts ou les filets droits et parfois même des lignes de mouillage des casiers

 

24

.Les raies

Les raies sont pêchées au large des côtes européennes depuis la deuxième moitié du 20

 

ème siècle. Si certains pêcheurs côtiers continuent à cibler ces espèces, la plupart des raies débarquées actuellement sont des captures accessoires des pêcheries au chalut de fond ciblant d’autres poissons de profondeur38,29. Ces dernières années, les débarquements de raies sur la côte ouest de la France sont passées de 1 000 tonnes par an (24% du total des captures) à seulement 3 à 15 tonnes par an (0,3% des captures), tandis qu’en Angleterre et au Pays de Galles, les débarquements sont passées de 18 000 tonnes à 3 000 tonnes au cours des quatre dernières décennies38. Dernièrement, les raies constituaient jusqu’à 40% des débarquements enregistrés pour la catégorie « requins » (en poids) dans la partie nord de l’Atlantique Nord-Est. Les populations des espèces de grande taille telles que le pocheteau gris ou la raie blanche, particulièrement vulnérables aux chaluts, sont celles qui ont le plus décliné16,38

.

La raie pastenague est de loin l’espèce la plus souvent capturée accidentellement à la palangre en Méditerranée. Le total annuel des captures de cette espèce a été estimé à 40 000 individus pour les palangriers espagnols opérant dans cette région. Les captures accidentelles de raies mantas sont plus rares mais sont préoccupantes du fait que cette espèce figure déjà comme En danger sur la Liste Rouge de l’UICN

 

.

Les requins des grandes profondeurs

Ces dernières années, alors que les pêcheurs prospectent dans des eaux de plus en plus profondes à la recherche de nouvelles espèces, l’exploitation par l’Europe de requins des grands fonds dont la croissance est particulièrement lente (pêchés par plus de 400 mètres de profondeur) a soulevée de profondes inquiétudes. Des

Ecotourisme

Les requins suscitent un intérêt grandissant pour l’écotourisme dans le monde entier

 

11. En Europe, des activités telles que la plongée avec des raies en Méditerranée ou une navigation à la voile au large de la Cornouaille en compagnie de requins pèlerins sont proposées. Même si des précautions doivent être prises pour que ces activités se déroulent dans de bonnes conditions à la fois pour les personnes et pour les animaux, leur développement montre qu’il peut y avoir aussi un réel intérêt économique à préserver les requins26.8

The SHARK ALLIANCE – Alerte pour les requins – Janvier 2007

navires du Portugal, d’Espagne, d’Islande, de Norvège, du Royaume-Uni, d’Irlande et de France capturent ces espèces avec d’autres poissons au chalut de fond et les pêchent de façon plus ciblée à la palangre de fond ou au filet maillant

 

38. Un nombre croissant de ces espèces, notamment le pailona commun et des requins du genre Centrophorus (requins chagrins), a été pêché durant les années 1990 alors que se développaient les nouveaux marchés pour l’huile de foie et la chair. Les débarquements ont culminé en 2003 à environ 11 000 tonnes, mais ne cessent de décliner depuis malgré une pression de pêche toujours forte, révélant une réduction extrême des populations29. Les scientifiques ont recommandé un arrêt total des captures des requins des profondeurs dans l’Atlantique Nord-Est29

.

Quelques précisions au sujet des captures accessoires

Les captures accessoires sont des captures non intentionnelles ou accidentelles d’espèces à l’occasion d’opérations de pêche dirigées sur d’autres espèces. Selon les engins de pêche utilisés et selon les zones, les périodes et la profondeur de pêche, les espèces accessoires seront différentes

 

28. Ce phénomène d’une ampleur non négligeable est un enjeu mondial. Mais les captures accidentelles de requins posent un problème particulièrement important dans la mesure ou leur croissance est beaucoup plus lente que celle des poissons ciblés ; les populations de requins peuvent donc être sérieusement affectées par les captures accidentelles opérées par une pêcherie, même si celle-ci est gérée pour permettre une exploitation durable des espèces ciblées32. Les requins capturés accidentellement sont souvent rejetés morts en mer, mais ils sont aussi débarqués, souvent sans être déclarés. La diminution des populations de requins peut donc passer inaperçue pendant longtemps, comme cela s’est produit pour plusieurs espèces de raies de grande taille de l’Atlantique Nord32, 16

.

Les captures accessoires représentent un problème sérieux pour les requins dans la plupart des pêcheries européennes, comme cela est détaillé à différents endroits de ce rapport. Les pêcheries de thons de l’Atlantique déclarent à elles seules 12 espèces de raies, 11 espèces de requins pélagiques et 46 espèces de requins côtiers dans leurs prises accessoires

 

28. La Commission Européenne a plaidé pour la promotion d’engins de pêche plus sélectifs afin de réduire les prises accessoires et les rejets en mer de requins18

.

Le commerce européen de requins

De 1990 à 2003, les exportations mondiales de produits issus de requins ont doublé pour atteindre 86 500 tonnes et un montant de près de 250 millions de dollars. En 2003, le Panama, le Costa Rica et l’Espagne ont remplacé le Danemark, l’Allemagne et la Norvège au palmarès des dix pays exportant le plus de requins

 

31. La part de la Norvège dans les exportations mondiales de produits issus de requins est passée de 16% en 1990 (la plus importante) à seulement 1% en 2003, parallèlement à la diminution des captures d’aiguillats par le pays en raison de la raréfaction de l’espèce31. En se basant sur les chiffres des captures mondiales et des exportations et importations de requins de 2003, l’Indonésie, l’Espagne, les USA, le Japon, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande apparaissent comme les principaux acteurs mondiaux de la production et du commerce de requins31

.

Les exportations mondiales de nageoires de requins ont fluctué mais la tendance est désormais repartie à la hausse

 

31. En 1999, l’Espagne était en tête d’une liste de 85 pays fournisseurs d’ailerons non préparés (salés ou congelés) sur le marché de Hong Kong (le plus important au monde) ; Elle était à l’origine de plus du quart du marché (en poids) 10. Les autres pays de l’UE ayant exporté des d’ailerons à Hong Kong cette année-là sont la Belgique et le Luxembourg, le Danemark, la France, l’Allemagne, la Norvège, le Portugal et le Royaume-Uni. La contribution européenne au marché des ailerons de requins de Hong Kong s’est accrue dans de fortes proportions dans les années 1990, passant d’un niveau négligeable à plus de 27% 10

.

La pêche aux requinx hors de l’Europe par les navires européens

Pêcheries

Les données sur le marché mondial des ailerons et de la chair de requins qui révèlent le rôle important des navires

L’Espagne se démarque

Le rôle de l’Espagne dans la pêche et le commerce des requins s’est considérablement accru depuis 1990. Les captures de requins enregistrées par le pays sont constituées d’approximativement un tiers de requins peau bleue et un cinquième de requins taupes bleus. Voici des exemples de la suprématie de l’Espagne dans la production mondiale de requins :

 1997 – quantité annuelle de requins capturés la plus importante au monde avec pratiquement 100.000 tonnes

,

 1999 – premier fournisseur mondial d’ailerons de requins à Hong Kong avec 2.000 tonnes soit plus d’un quart du marché total

,

 2003 – leader mondial des importations de produits issus de requins avec 15% du marché mondial, (5% en 1990)

,

 2004 – responsable de 45% du total des captures de l’UE, avec environ 50 000 tonnes.

  

de pêche de l’UE (spécialement de l’Espagne) concernent des pêcheries qui se déroulent aussi bien dans les eaux de l’UE, qu’ailleurs. Les pays de l’UE ont en effet des navires qui pêchent loin de l’Europe et qui naviguent parfois sous « pavillon de complaisance ». Il est par ailleurs possible que la contribution européenne à ce marché soit sous-estimée. Les débarquements de nageoires de ces navires pêchant loin de l’Europe peuvent en effet parfois être attribués au pays où la pêche a été débarquée ou qui administre les eaux de pêche plutôt qu’au pays dont le bateau est originaire. L’Espagne a tout spécialement été identifiée comme un pays maquillant ainsi ses débarquements d’ailerons

.

Les navires espagnols (principalement les palangriers qui pêchent le thon et l’espadon) capturent des requins à la fois accidentellement et de façon intentionnelle dans tout l’Atlantique mais aussi dans l’Océan Indien et dans les eaux de l’Antarctique

 

Le requin taupe bleu, le requin peau bleue et le requin renard sont connus pour être recherchés pas ces navires, bien que les informations sur la composition et le niveau des captures ne soient pas précises36. En 2002, 25% du total des débarquements de requins espagnols provenait de l’Océan Indien5

.

Les navires français déclarent également des débarquements de requins capturés en dehors des eaux de l’UE, aussi bien en Atlantique que dans l’Océan Indien

 

5, 20. En 2004, la France et le Royaume-Uni ont déclaré des débarquements de requins provenant de l’Océan Austral20

.

Demande

Le goût tenace de l’Europe pour l’aiguillat contribue au maintien dans le monde entier de pêcheries non durables ciblant les femelles en âge de se reproduire. En 2000, après 10 ans d’une pêche intense et non gérée d’aiguillats en Atlantique Nord-Ouest pour alimenter le marché européen, les populations ont été décimées dans les eaux américaines et la pêche s’est quasiment arrêtée

 

23. Des pêcheries se sont depuis développées dans les eaux canadiennes, en Nouvelle-Zélande, Argentine et sur la côte ouest des Etats-Unis pour répondre à la demande européenne de chair d’aiguillat22

.

 Le statut des requins d’Europe

Globalement, l’abondance et l’aire de distribution des requins et des raies diminuent dans les eaux européennes, en particulier pour les espèces de grande taille

 

. Des déclins importants sont attestés pour un grand nombre d’espèces. Cela concerne aussi bien des espèces de requins côtiers sédentaires que des espèces des grands fonds, des grandes raies qui vivent sur le fond et des requins rapides et actifs qui fréquentent le large.

Les requins d’Europe et la Liste Rouge

En organisant des réunions de travail régionales réunissant des experts, un groupe de spécialistes de l’UICN (

 

Shark Specialist Group) est en train d’évaluer l’état de conservation des espèces de requins et de raies dans le monde entier (environ 1000 espèces au total). Des résultats préliminaires indiquent aujourd’hui que l’état de conservation des requins et des raies en Atlantique Nord-Est et en Mer Méditerranée serait pire que partout ailleurs sur la planète. Actuellement, on estime qu’environ un tiers des populations de requins et de raies européennes ayant fait l’objet d’une évaluation sont menacées selon les critères de la Liste Rouge. 20% d’espèces supplémentaires en Atlantique Nord-Est et au moins 19% en Méditerranée sont sur le point d’y être. Pour environ un quart des espèces européennes évaluées, les données disponibles ne sont pas suffisantes pour estimer le risque d’extinction et envisager le classement dans une catégorie7, 27

.

En Atlantique Nord-Est, l’aiguillat, le requin taupe commun, le requin chagrin commun ou l’ange de mer, ainsi que le pocheteau gris et la raie blanche sont considérés comme En danger critique d’extinction selon les critères de la Liste Rouge de l’UICN. Le requin chagrin de l’Atlantique, le pailona commun et le requin pèlerin sont considérés comme En danger. Même les espèces ayant une importante aire de répartition telle que le requin taupe bleu, le requin peau bleue et le requin marteau commun sont désormais considérées comme Vulnérables, et donc menacées selon les critères de la Liste Rouge en Atlantique Nord-Est. Plusieurs requins des profondeurs, trois espèces de raies et une chimère figurent également sur la liste des espèces Vulnérables. La liste des espèces Quasi menacées compte une autre espèce migratrice, le requin renar

.

En Méditerranée, le requin taupe commun, trois espèces différentes d’anges de mer, trois espèces de raies (pocheteau gris, raie blanche et raie de Malte) et le requin taureau figurent sur la liste des espèces En danger critique d’extinction. La raie papillon est également proposée

pour une inscription dans cette catégorie. La raie manta est considérée comme En danger en Méditerranée et le requin gris et deux espèces d’émissoles ont été aussi été proposés pour cette catégorie. Les inscriptions du requin renard, du requin marteau commun et du requin peau bleue sur la liste des espèces Vulnérables en Méditerranée sont en cours, alors que le requin chagrin commun est déjà inscrit.

Deux espèces de poissons scies (des raies à l’allure de requin avec un rostre allongé garni de dents) sont listées comme En danger critique d’extinction, mais ont disparu depuis longtemps des eaux européennes

.

Panorama des espèces de requins et de raies menacées

Requin taupe com

mun (Lamna nasus)

Un requin puissant, grand migrateur de la famille du requin taupe bleu et du grand requin blanc.

ON LE TROUVE :

 

Dans les eaux tempérées froides des deux hémisphères, notamment au large de l’Europe du Nord.

STATUT :

 

En danger critique d’extinction en Atlantique Nord-Est et en Méditerranée, et Vulnérable dans le monde entier.

MENACES :

 

Pêcheries à la palangre non réglementées au large de l’Europe et dans les eaux internationales de l’Atlantique.

FACTEUR AGGRAVANT :

 

Sa chair est parmi les plus prisées.

Aiguillat commun ou chien de mer

(Squalus acanthias)

Un requin fin et tâché de blanc qui atteint un mètre de long et se déplace en bancs.

ON LE TROUVE :

 

Dans les eaux côtières tempérées et froides du monde entier.

STATUT :

 

En danger critique d’extinction dans l’Atlantique Nord-Est, En danger en Méditerranée, Vulnérable en Mer Noire et dans le monde.

MENACES :

 

Demande persistante de chair utilisée pour les « fish and chips » en Angleterre et pour confectionner une spécialité servie dans les bars à bière en Allemagne.

FACTEUR AGGRAVANT :

 

Les femelles gestantes (la durée de la gestation est estimée à deux ans), sont la cible privilégié des pêcheries en raison de leur taille plus importante, ce qui occasionne de graves déséquilibres dans la structure des populations.

Requin chagrin commun

(Centrophorus granulosus)

Un petit requin marron foncé aux yeux verts brillants

ON LE TROUVE :

 

Dans les grands fonds océaniques, entre 200 et plusieurs centaines de mètres sous la surface.

STATUT :

 

En danger critique d’extinction au large de l’Europe (spécialement au Portugal), Vulnérable au niveau mondial.

MENACES :

 

Intérêt croissant pour la chair et l’huile de foie des requins des profondeurs.

FACTEUR AGGRAVANT :

 

On pense qu’ils ne donnent naissance qu’à un petit tous les deux ou trois ans.

Pocheteau gris

(Dipturus batis)

La plus grande raie d’Europe, devenue rare aujourd’hui.

ON LE TROUVE :

 

Jadis commune dans toutes les eaux côtières d’Europe, elle est désormais absente de presque tout son habitat d’origine.

STATUT :

 

En danger critique d’extinction.

MENACES :

 

Pêcheries non sélectives à haut rendement opérant dans l’aire de distribution de l’espèce.

FACTEUR AGGRAVANT :

 

En raison de la taille importante de cette espèce, les jeunes sont susceptibles d’être pris au chalut dès la sortie de l’oeuf.

Ange de mer commun

(Squatina squatina)

Espèce au corps aplati qui pourrait bien être condamnée.

ON LE TROUVE :

 

Jadis commun dans les eaux côtières de l’Atlantique Nord-Est, de la Méditerranée et de la Mer du Nord, désormais rare et même éteint en Mer du Nord et dans le nord de la Méditerranée.

STATUT :

 

En danger critique d’extinction dans toutes les

Dans le rouge

La Liste Rouge des espèces menacées de l’UICN est l’inventaire de l’état de conservation des espèces de plantes et d’animaux de la planète le plus complet. Les groupes de spécialistes de l’UICN évaluent le statut des populations de chaque espèce et classent ces espèces dans des catégories qui vont de « Eteint» à « Préoccupation mineure ». Les espèces inscrites comme Vulnérable, En danger ou En danger critique d’extinction sont considérées comme étant menacées selon les critères de la Liste Rouge (pour plus d’informations, voir : www.redlist.org). Le Groupe des spécialistes des requins de l’UICN a été constitué en 1991 et regroupe les plus éminents spécialistes du monde entier.

 eaux européennes, Vulnérable dans le monde.

MENACES :

 

Ne peut échapper aux chaluts de fond, aux filets et aux palangres.

FACTEUR AGGRAVANT :

 

La protection stricte de l’espèce dans les eaux anglaises, proposée en 2001, n’est toujours pas mise en oeuvre.

Requin taupe bleu

(Isurus oxyrinchus)

Ce requin de grande taille, le plus rapide au monde, ne parvient pas à échapper aux navires de pêches qui s’intéressent de plus en plus à lui.

ON LE TROUVE :

 

Dans les eaux tropicales et tempérées du monde entier, au large, notamment en Méditerranée et dans l’Atlantique, de la Norvège à l’Afrique du Sud.

STATUT :

 

En danger critique d’extinction en Méditerranée, Vulnérable en Atlantique Nord-Est.

MENACES :

 

En raison de l’absence de limitation européenne ou internationale du niveau des captures en Atlantique, les captures mondiales ont doublé entre 1990 et 2003.

FACTEUR AGGRAVANT :

 

Les scientifiques de la Commission internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique (ICCAT) ont recommandé une réduction des captures, mais manquent des données nécessaires pour pouvoir proposer des quotas spécifiques.

Requin peau bleue

(Prionace glauca)

Ce requin à la peau bleue brillante est connu pour traverser les océans.

ON LE TROUVE :

 

Comme le requin taupe bleu – au large, dans les eaux tropicales et tempérées du monde entier, notamment en Méditerranée et dans l’Atlantique, de la Norvège à l’Afrique du Sud.

STATUT :

 

Proposé comme Vulnérable dans l’Atlantique Nord-Est et en Méditerranée.

MENACES :

 

En raison de l’absence de limitation européenne ou internationale du niveau des captures, les prises mondiales ont augmenté de 50% de 1990 à 2003.

FACTEUR AGGRAVANT :

 

Les requins peau bleue traversent l’Atlantique et sont de plus en plus fréquemment une cible des pêcheries. De nombreux pays doivent collaborer pour mettre en place des mesures de conservation cohérentes et efficaces.

 Protection des requins et gestion des           

 populations

La situation mondiale

Parmi les animaux marins les plus vulnérables parcourant de longues distances sans tenir compte des limites juridictionnelles, les requins figurent en tête en raison de leur biologie. Ceci, associé à une pression de pêche accrue dans le monde, a conduit à un besoin urgent de protection internationale des requins

 

23

.

Le PAI–Requins de la FAO des Nations-Unies

En 1999, l’organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a adopté un Plan d’action international pour la conservation et la gestion des stocks de requins (PAI–Requins) ayant pour but d’assurer la protection, la gestion et l’utilisation durable de ces poissons. Le PAI-Requins demande aux nations pratiquant la pêche d’élaborer des Plans d’actions nationaux (PNA) pour les requins permettant une meilleure collecte des données, plus de concertation entre les parties, la réduction des rejets, la protection de la biodiversité et la protection des écosystèmes. Ces plans devraient aussi conduire à porter une attention particulière aux populations de requins menacées et vulnérables. Les nations étaient encouragées à coopérer au niveau international mais aussi à mettre en place des accords bilatéraux et les organisations régionales de gestion des pêches à élaborer des plans d’actions régionaux pour les requins

 

. L’adhésion aux recommandations du PAI–Requins est une démarche volontaire et il s’avère qu’il n’y a eu que très peu Devenus rares 

De nombreuses espèces réputées abondantes sont désormais particulièrement rares, principalement en raison d’une surexploitation.

Le pocheteau gris – listé comme En danger critique d’extinction dans tout l’Atlantique Nord Est et en Mer Méditerranée.

 La raie guitare commune – proposée pour une inscription dans la catégorie En danger en Mer Méditerranée.

 La raie pastenague commune – Quasi menacée en Mer Méditerranée.

 L’aigle de mer commun – susceptible d’être proposé comme Quasi menacé en Mer Méditerranée.

 Le requin renard commun – considéré comme Quasi menacé dans l’Atlantique Nord-Est et proposé comme Vulnérable en Mer Méditerranée.

 Le poisson scie commun – listé comme En danger critique d’extinction, mais considéré comme déjà disparu dans les eaux européennes.

Les deux espèces de requin globalement considérées comme les plus abondantes au monde à l’état sauvage, le requin peau bleue et l’aiguillat, ont toutes deux fait l’objet d’une sévère surexploitation dans les eaux européennes. Ces deux espèces sont désormais considérées comme étant respectivement En danger critique d’extinction et Vulnérable, selon les critères de la Liste Rouge.

 

d’avancées et que seule une poignée de nations ont présenté un PNA avec des années de retard par rapport à ce qu’elles avaient prévu

. L’UE et ses états-membres n’ont pas encore élaboré leurs Plans d’actions nationaux pour les requins.

La CITES

La CITES est une Convention fournissant un cadre réglementaire international pour empêcher le commerce des espèces menacées d’extinction et pour réguler le commerce des espèces qui pourrait le devenir. Les Parties à la CITES conviennent tous les deux ans ou deux ans et demi d’amender les trois Annexes dans lesquelles sont listées ces espèces menacées. Les propositions pour ajouter, rétrograder ou retirer des espèces sur une Annexe sont faites par les Etats membres et nécessitent la majorité des deux tiers pour être adoptées

 

L’Annexe I de la CITES est réservée aux espèces menacées d’extinction qui sont ou peuvent être affectées par le commerce. L’inscription dans l’annexe I de la CITES équivaut essentiellement à une interdiction du commerce international. L’Annexe II comprend des espèces qui, bien que n’étant pas nécessairement menacées d’extinction, pourraient le devenir si le commerce n’était pas strictement contrôlé. Les listes de l’Annexe II servent à surveiller et à contenir le commerce dans des limites soutenables en exigeant des permis à l’export et des avis d’exportation non préjudiciable

 

9. Des critères spécifiques quantitatifs, biologiques et de commerce prévalent dans le processus d’inscription de la CITES23. Bien que rarement utilisées, les inscriptions en Annexe III sont imposées par des pays isolés sans avoir besoin de l’accord des autres Parties et servent à encourager la coopération des autres Parties pour contrôler le commerce d’espèces qui les préoccupent23

Par une série de Résolutions et de Décisions, la CITES a joué un rôle capital dans la conservation des requins depuis 1994. En 1997, une proposition des USA d’interdire le commerce de toutes les espèces de poissons scies par l’inscription à l’Annexe I de la CITES a échoué largement. En 2002, les premières espèces de requins – pèlerin et baleine – ont été ajoutées (après une première tentative en 2000) dans l’Annexe II de la CITES sur les propositions respectives du Royaume Uni et des Philippines (associées avec l’Inde)

 

23. En 2004, les propositions de l’Allemagne d’inscrire l’aiguillat et le requin taupe commun en Annexe II n’ont pas réussi à obtenir suffisamment de soutien à l’intérieur de l’UE pour s’imposer, tandis que l’Australie et Madagascar ont vu leur proposition d’inscription du grand requin blanc à l’Annexe II adoptée. L’Islande et la Norvège ont rejoint plusieurs pays asiatiques pour émettre des réserves sur l’inscription des trois espèces de requins sur les listes de la CITES ; c’est pourquoi ces pays sont considérés comme des non-Parties en ce qui concerne le commerce de ces espèces9

Le Comité pour les Animaux de la CITES a constitué un Groupe de travail sur les requins et diffuse régulièrement des conseils sur les priorités de gestion pour les pêcheries de requins, les inscriptions potentielles et les espèces de requins spécialement menacées. En 2004, le groupe a réagi favorablement aux propositions de l’Allemagne d’inscrire l’aiguillat et le requin taupe commun et a recommandé des actions spécifiques de gestion des populations de l’Atlantique Nord

 

; cependant, elles ne sont pas encore prises en compte.

En 2006, l’Allemagne a renouvelé ses propositions d’inscription de l’aiguillat et du requin taupe commun à l’Annexe II de la CITES. Ces propositions auront besoin du soutien d’une majorité des Etats-membres de l’UE afin d’être retenues pour la prochaine Conférence des Parties de la CITES qui se tiendra en Hollande mi-2007.

La Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage

Le requin pèlerin et le grand requin blanc (ainsi que le requin baleine) sont inscrits à la fois à l’Annexe I et à l’Annexe II de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS). L’Annexe I de cette Convention comprend des espèces menacées de disparition. L’Annexe II est utilisée pour des espèces migratrices dont le statut de conservation est défavorable ou pour celles dont la conservation nécessiterait une coopération internationale. Les listes de la CMS visent à susciter soit des « accords » juridiquement contraignants ou de moins formels « protocoles d’accord »

 

13. La Norvège s’est opposée à l’inscription du grand requin blanc et du requin pèlerin en invoquant le manque de données scientifiques permettant de justifier que ces espèces remplissent les critères demandés13. Le Danemark a soutenu l’inscription du requin pèlerin mais a émis des réserves en faveur des Iles Féroé, afin que l’inscription ne s’y applique pas. L’UE a appuyé l’inscription du requin pèlerin, mais a émis des réserves quant aux délais prévus pour l’application17

En 2005, la CMS a adopté une Résolution sur les requins migrateurs qui demande instamment aux pays de mettre en oeuvre les recommandations du PAI-Requins de la FAO ainsi q

Une pêcherie norvégienne à la palangre ciblant le requin taupe débuta dans les années 1930 pour atteindre sont apogée juste quelques années plus tard avec 3 884 tonnes débarquées. D’autres pêcheries norvégiennes et danoises débutèrent après la deuxième guerre mondiale avant de s’effondrer dans les années 1960. Des palangriers français et espagnols ont ciblé le requin taupe à partir des années 1970

Commentaires (1)

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