comportement des requins

 

 

                                      

                      

                        Il va de soi que le comportement des requins est inextricablement lié à la perception des odeurs, des composants chimiques, des champs électriques et des images. Ces sens influencent chacun des aspects de leur vie et les poussent parfois à se conduire d’une façon qui peut nous sembler erratique, voire dangereuse. Le mythe du requin automate destructeur et stupide est aujourd’hui effacé des esprits: des études minutieuses ont révélées que ce sont au contraire des créatures complexes et remarquablement intelligentes, capables d’apprendre, et dont l’organisation sociale est très subtile.

 L’intelligence

L’affirmation généralement colportée selon laquelle les requins sont incapables d’apprendre quoi que ce soit est totalement fausse. Des expériences, visant à établir le degré de réaction des membres d’une espèce face à un objet visible particulier, ont presque invariablement conduit les sujets à apprendre une certaine tache pour révéler leur sensibilité. De telles expériences ont montré que les requins étaient effectivement capables d’apprentissage, et cette aptitude pourrait expliquer les différences de comportement constatées entre les jeunes et les adultes: les premiers sont plus agressifs et curieux que les seconds.

Pendant très longtemps, les requins ont été présentés comme d’insatiables « machines à manger » gouvernées par des instincts primitifs. Aujourd’hui, les savants ont pu démontrer que nombre de requins et de raies possèdent un cerveau de taille comparable à celui de nombreux oiseaux et mammifères.

Les requins en captivité

En 1963, une enquête mondiale de la distribution et de la longévité des requins en captivité a révélé que plus de cinquante espèces étaient détenues depuis plusieurs mois dans des aquariums. Néanmoins, et jusqu’il y a peu, seules quelques formes benthiques robustes- requins dormeurs, virlis, roussettes, requin taureau et requin nourrices- survivaient plus d’un an dans ces conditions. Ces trop rares succès obligent à considérer les squales comme difficiles à capturer, à transporter et à maintenir en captivité. Captifs, ces animaux refusent de ce nourrir et dépérissent. Actuellement, pourtant, de nombreuses espèces, même les plus grandes et les plus pélagiques comme les requins vrais, sont maintenus en vie dans de grands aquariums publics pendant des périodes bien supérieures à un an.

 

Le comportement social

Traditionnellement, le requin est présenté comme un chasseur solitaire, parcourant les océans à la recherche de nourriture. Si c’est probablement le cas pour les formes les plus grandes, tels le grand blanc et le requin tigre, nombre d’espèces voyagent en groupe pendant une partie de leur vie. Ainsi, pendant le jour, des groupes de plusieurs centaines de requins marteaux halicornes se rassemblent près des îles et des hauts fonds de la mer de Cortès, entre la basse Californie et le Mexique.

Des relations de domination ou de subordination ont été signalées entre différentes espèces; elles créent de véritables hiérarchies sociales. Lorsque les deux espèces se nourrissent ensemble, les requins océaniques exercent leur suprématie sur les requins soyeux, de taille comparable. Les requins pointe blanche dominent les requins des Galápagos et tous deux dominent les requins bordés.

L’existence d’une hiérarchie à l’intérieur d’une même espèce est vraisemblable. Ainsi les femelles des requins marteaux tiburos ont tendances à se tenir à l’écart des males, quelle que soit leur taille. La raison de cette timidité est obscure.

La hiérarchie sociale qui régit les membres d’une espèce donnée (que ce soit chez les aiguillat, les requins marteaux tiburos, les requins pointes blanches oules les requins blancs) s’établit en fonction de la taille: les individus les plus petits se tiennent à l’écart des spécimens les plus grands. Cette répartition peut sous-entendre l’existence de mécanismes de protection contre les prédateurs; elle est en tout cas typique de nombreuses société de poissons.

Le comportement grégaire

Pourquoi les requins adultes se déplacent-ils en groupes? La réponse est évidente dans le cas des animaux de petite taille: de telles agrégations augmentent les chances de surbvie de chacun des membres du groupe. Elle l’est moins pour des créatures aux dimensions suffisamment imposantes pour écarter tout risque d’attaque par un prédateur. L’explication réside peut-être dans le fait que la nourriture se déplace elle aussi en «  masses isolées »; la mise en commun des capacités sensorielles propres à chaque requin faciliterait la détection de ces proies. Cet avantage disparaît si la nourriture n’est pas assez abondante pour les besoins d’un groupe. Ainsi, en dehors de la saison de reproduction, la taille des groupes de requins permet d’évaluer l’abondance des autres poissons.

La reproduction est une autre activité sociale, qui culmine dans l’acte d’accouplement. La rareté des observations indique que cet acte ne se produit que peu souvent, ou qu’il a lieu de nuit. Les quelques cas diurnes connus ont révélé les fortes similarités de posture et de comportement qui existent chez toutes les espèces. En général, le male agrippe dans ses mâchoires l’une des nageoires de la femelle et maintien sa partenaire dans une position favorable pour l’introduction du ptérygopode dans le cloaque.

Les requins dans leur milieu

Les façons dont les requins communiquent entre eux nous sont inconnues. Certains d’entres eux n’enverraient-ils pas des signaux destines à tromper leurs futurs victimes? La compréhension du comportement de ces prédateurs passe d’abord par celle de leurs moyens de communications.

Les marques corporelles, par exemple, sont utilisées dans tout le monde animal comme moyen de communication. En est-il de même chez les requins? Les motifs qui décorent la livrée des anges de mer ont un but évident: le camouflage. On peut assigner cette fonction aux pigmentations qui ornent certaines zones spécifiques du corps d’autres espèce_ comme celles qui décorent le bord d’attaque ou la pointe des nageoires. Ont-elles un rôle social?

Une théorie est ici avancée concernant le rôle des motifs de couleur blanche qui garnissent les nageoires du requin océanique. L’idée de base est bien celle de communication, mais ne concerne pas l’échange d’informations entre individus de cette espèce: elle met en jeu des signaux déstinés à tromper leurs proies…au bénéfice du prédateur.

Les requins océaniques sont capables d’accélérer brutalement et d’atteindre des vitesses étonnantes sur des distances de l’ordre de trente mètres. Cette vélocité soudaine explique, partiellement du moins, un fait connu depuis longtemps: les proies de ces squales comptenet parmi les plus rapides des poissons_ thons,maquereaux,coryphèneset même marlins blancs. Rattraper ces animaux à la course ou reussi à se faufiler dèrrière eux sans être vus sont des manœuvres au succès très incertain.

La théorie repose sur le fait que lorsqu’ils s’éloignent, le regard est constamment attiré parles taches blanches du bout de leurs nageoires. Leurs corps semblent disparaître. Alors, l’attention se focalise sur les trois ou cinq points blancs qui évoluent en formation. Cette illusion perceptive est la clé du système de chasse des requins océaniques. Des poissons prédateurs discernant au loin ce qui leur parait être un banc de proies de taille adéquate se rueraient en direction des taches blanches, pour atteindre un point ou l’accélération du requin serait sans pardon. Ainsi, si les motifs ornant les nageoires de cette espèce peuvent effectivement constituer un moyen de communication entre congénères, ils semblent avoir une fonction supplèmentaires: ce sont des leurres déstinés à attirer des poissons rapides, qui chassent à vue et deviennent proie à leur tour.

Interaction hommes-requins

Le requin dagsit du Pacifique est l’auteur d’agressions motivées par des facteurs autres que la faim. Une phase d’activité fortement stéréotypées précède l’assaut. Son intensité, variable, est maximale lorsque l’animal est approché de très prés, ou s’il sent qu’il ne peut s’échapper. Cette phase_ généralement absente au cours de la nutrition_ comporte l’éxécution de tous les mouvements du corps et de la tête qui se présenteraient lors d’une morsure éxagérée; elle parait tirer son origine de l’acte alimentaire lui-meme. Seules quelques-unes des composantes de ce comportement aberrant sont mimées par les requins des Galapagos, les requins soyeux, les requins nez noir et par les requins marteaux tiburos

L’agressivité des requins dagsit du Pacifique est hors de proportion avec leur taille relativement réduite (1 à 1.5m de long). Elle contraste, de plus, avec le comportement des autres sqaules. L’attaque délibérée, la poursuite et la menace sont très rarement observés. Un comportement agressif est vraisemblable chez des animaux qui défendent un térritoire, mais les squales ne paraissent pas régner sur des domaines personnels. Peut-etre n’est-il alors que le fait d’individus tentant de maintenir une certaine position dominante dans des régions particulières. Des recherches récentes ont révélé que les dagsit femelles font montre d’une agréssivité accrue, et passent par des phases de comportement aberrant dans les zones ou elles mettent bas: elles se protègent peut-etre ainsi contre de possibles prédateurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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