L'ecologie des requins

 

 

 

Les requins constituent l’élite des prédateurs dans la plupart des communautés marines; ce sont, sous les mers, les équivalents des grands carnivores des écosystèmes terrestres. L’étude de l’écologie des squales concerne de nombreux aspects des relations de ces animaux avec leur milieu. Elle doit s’intéresser aux facteurs qui influencent le nombre et la distribution des requins, aux liens entre individus, à leurs prédateurs et à leurs proies, ainsi qu’à la façon dont-ils se comportent vis-à-vis des autres espèces dans la chasse à la nourriture, dans la conquête et la défense de l’espace vital.

Les différences les plus frappantes qui existent entre les espèces de requins concernent la forme de la tête et de la queue, l’articulation de la mâchoire et du crâne, et la forme des dents. Ces variations peuvent êtres expliquées en termes d’adaptation aux divers environnements dans lesquels les animaux doivent se nourrir, éviter les prédateurs et se reproduire. Une approche écologique de l’étude des requins nous aide à comprendre la dynamique des communautés marines et à apprécier les facteurs du milieu qui façonnent le schéma évolutif de ces créatures.

L’alimentation

En examinant de plus près chacune des espèces, différentes variations morphologiques (physiques et anatomiques) apparaissent. Les plus marquantes concernent la forme des dents, qui s’est adaptée aux proies disponibles.

La denture de certains requins de fond est constituée de dents broyeuses conçues pour venir à bout d’invertébrés à coquille dure, comme les crustacés (crabes et homards) et les mollusques (palourdes). C’est le cas des requins dormeurs et des émissoles.

 

 

De nombreuses espèces, tels les requins vrais ou requins baleiniers (famille des carchharhanidés), les requins marteaux (famille des sphyrnidés) et les grands requins blancs (famille des lamnidés), se nourrissent surtout de poissons et de céphalopodes. Ces espèces, très représentées dans les milieux les plus divers sont dotées de dents aux tranchants crénelés et acérés, idéales pour découper les aliments.

 

 

Un troisième type général de morphologie dentaire se rencontre chez les requins de sable (famille des odontaspididés) vivant sur les fonds marins, les requins taupes et les makos (famille des lamnidés), tous deux océaniques: les dents aux bords dépourvus de serrulations ont une forme longue et étroite. Elles sont faites pour saisir des proies qui sont avalées d’un coup.

 

De nombreuses autres formes dentaires existent; certaines sont propres à une espèce particulière. Ainsi, le requin tigre (galeocerdo cuvier) est équipé de dents subtriangulaires, plates et fortement crénelées, dont le bord postérieur est entaillé par une grande encoche. Cette configuration convient aussi bien pour découper une carapace de tortue que pour arracher des portions de chair aux proies de grande taille, comme des mammifères marins ou d’autres requins.

 

 

 

 

L’importance de la forme des dents dans les habitudes alimentaires des requins est illustrées par les variations de régime alimentaire qui se succèdent au cours de leur vie. Ainsi les grands requins blancs de moins de 3 m de long se nourrissent de petits poissons, qu’ils avalent entiers. Les individus de plus grande taille se nourrissent de mammifères marins qu’ils dépècent d’abord. Les dents des petits spécimens sont étroites et faites pour happer. Très semblables à celles des requins makos adultes, elles sont à l’origine de confusions entre ces derniers et les jeunes de grands requins blancs. Lorsque leur taille dépasse trois mètre, les grands requins blancs développent des dents triangulaires à sérrulations plus marquées,mieux adaptées au découpage des proies trop grandes pour êtres avalées d’un coup. Ainsi, les habitudes alimentaires du grand requin blanc et son succès dans la prédation sont intimement liés à la structure de ses dents.

Des modifications de morphologie dentaire associées à la croissance ont été signalées chez les requins vrais et chez les requins marteaux; mais la relation avec l’alimentation reste à démontrer.

                 Les adaptations écologiques des requins fréquentant les mêmes habitats présentent des similitudes comme des contrastes. Les peau bleue (prionace glauca) est commun dans les eaux de surface du nord-est du Pacifique et de l’Atlantique Nord. Il « glisse » avec grâce sur ses larges nageoires pectorales, avançant par de longues ondulations sinueuses de son corps et sa queue. Il se nourrit surtout de petits poissons (anchois et sardines) ou de calmars qui remontent chaque nuit des profondeurs. La petite bouche du peau bleue et garnie de très petite dents triangulaires et crénelées, adaptées à ces proies de taille réduite. Le mako (isirus oxyrinchus) est un visiteur estival des mêmes régions. Cette espèce, au corps fusiforme, est équipée de nageoires courtes et vigoureuses et d’une caudale aux lobes subégaux. Contrairement au peau bleue, ce requin est capable de produire de brusques accélérations et il se nourrit aux dépens des bancs de maquereaux et d’autres poissons rapides. Ses longues dents en forme d’aiguille sont faites pour happer les proie.

Malgré leurs différences de forme, ces deux squales ont une livrée remarquablement semblable: le bleu foncé du dos contraste avec le blanc de la surface ventrale. Ces deux couleurs se fondent dans l’océan, et contribuent à rendre ces créatures virtuellement invisibles à distance (pour les proies comme pour les prédateurs). Ainsi, même si des espèces présentent des spécialisations différentes, ellespeuvent néanmoins partager d’autres adaptations qui assurent leur plein succès dans un environnement particulier.

                                                                                                                                                                                                                                           MAKO

PEAU BLEUE

Communauté de requins sur les récifs

                           

Le visiteur le plus commun du replat récifal, lorsque celui-ci est submergé, est le requin pointes noires (carcharhinus melanopterus). Les jeunes et les adultes de cette espèce fréquentent souvent des eaux si peu profondes que leurs nageoires dorsales sont totalement émergées.

De taille modeste, ne dépassant pas 1.5 m en moyenne, ces squales se nourrissent d’une grande variété de poissons, de céphalopodes et de crustacés qui vivent sur le replat, ou dans le voisinage immédiat. Actifs et capables de virages brutaux, ils se déplacent en groupes et font montre d’une excitation considérable lorsqu’ils se nourrissent. Habitués du replat récifal, les pointes noires évoluent également dans les eaux peu profondes (moins de 15 m) qui bordent les flancs, intérieur ou extérieur. Ils ont un faible rayon d’action et s’alimentent de nuit.

                                                                                                         POINTES NOIRES

Légèrement plus grand que le pointes noires (il atteint 2 m de long), le requin corail (triaenodon obesus) est un autre habitué des récifs coralliens du Pacifique. Ce squale, au corps fuselé et flexible,nage au voisinage du fond, ou il se faufile dans les crevasses et les grottes, en quête de nourriture. Il ne fréquente guère le replat récifal, préférant les eaux profondes de 5 à 40 m, là ou un relief vertical offre un maximum d’interstices. Son alimentation englobe une grande variété de poissons de récif, de pieuvres et de crustacés. Pendant le jour, ce requin se repose (parfois en compagnie d’un groupe de congénère) dans des grottes ou du coté océanique du récif, la gueule ouverte et orientée vers l’amont des courants marins qui ventilent ses branchies. Les individus de cette espèce sont fortement liés à des zones géographiques précises du récif, zones qu’il leur arrive de ne pas quitter pendant plusieurs années. L’activité alimentaire du requin corail à lieu de jour et s’accroît fortement de nuit. Si l’on sait que se squale chasse à l’odeur, sa capacité à détecter les champs électriques crées par des proies doit être un auxiliaire précieux dans la recherche de nourriture dans les grottes et dans les crevasses.

                                                                                                          REQUIN CORAIL

Le squale le plus familier aux plongeurs qui évoluent au plus profond des récifs du Pacifique central est sans conteste le requin dagsit ( carcharhinus amblyrhynchos). Légèrement plus grand que le requin corail (sa longueur dépasse 2 m), il empiète largement sur le domaine de ce dernier, mais abonde surtout dans les zones plus profondes du lagon et flanc océanique du replat récifal. D’imposants regroupements de ces squales hantent les passes et les chenaux qui entaillent les récifs frangeants. Leur régime alimentaire est à base de poissons et de céphalopodes. Ils s’alimentent de jour mais la prise de nourriture n’est pas quotidienne. Le dagsit est célèbre pour son comportement d’intimidation, caractérisé par un mouvement de nage exagéré, le dos arqué, les nageoires pectorales abaissées et le museau relevé. Cette démonstration se produit lorsque l’animal est coincé par un plongeur; elle précède souvent une attaque. Parfois les dagsit font montre d’agressivité envers les humains, sans provocation de leur part. Cette attitude peut, dans des situations naturelles, être un moyen de défendre un territoire contre d’autres requins, ou de tenter de s’opposer aux grands prédateurs, tel le requin tigre.

REQUIN DAGSIT

Un squale couramment rencontré sur l’avant-récif est le requin pointe blanche (carcharhinus albimarginatus). Plus grand que les dagsits, les adultes de cette espèce peuplent les eaux, à plus de 25 m de profondeur. Ils se nourrissent surtout de petits poissons, de pieuvres et de calmars associés au récif.

REQUIN POINTE BLANCHE

 

D’autres requins évoluent sur le flanc océanique des récifs:

REQUIN BOULEDOGUE

REQUIN MARTEAU

Le géant des récifs du Pacifique est le requin tigre: sa taille peut dépasser 5 m. Son régime alimentaire est très varié et inclut des proies provenant des habitats les plus divers: c’est peut-être le régime le plus diversifié qui soit dans le monde des squales. Ces créatures peuplent en général les eaux profondes de l’avant-récif et fréquentent les passes et les chenaux récifaux. Certains spécimens pénètrent parfois dans les zones peu profondes adjacentes au replat récifal, ou il viennent se nourrir des oiseaux de mer qui se reposent à la surface du lagon. Des proies plus petites sont communément chassées, crustacés des fonds marins,céphalopodes,petits poissons. Le requin tigre est un prédateur vorace, qui s’attaque aux raies de grandes taille et aux autres squales. On ne connaît guère ses habitudes: très grand, cet animal a un rayon d’action respectable.

La distribution et l’abondance des requins dans les communautés marines sont fortement influencées par les adaptations morphologiques et comportementales de ces espèces à l’environnement physique et aux types de proies disponibles.

 

REQUIN TIGRE

 

                                                                                   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires (5)

1. sdfsf (site web) 30/12/2008


sdffff

2. bob (site web) 11/03/2009

3. FOu-Fiie 11/06/2009

Y'a même Pas Le Requiin CiitrOn C'est Plate Car J'auraiis RecOmmender Se Siite a TOut Mes Amiis !!!

4. Assia ghodhbane 11/10/2011

cOoOoOl

5. Potenz 20/02/2013

La photo du requin corail bah c'est pas un requin corail

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