La France interpellée par les ONG pour la protection des requins

 

 

La France est interpellée par les ONG pour la protection des

requins

 
 

                  La coalition d'ONG Shark Alliance appelle la France, l'un des acteurs les plus actifs en matière de pêche et de commerce des requins en Europe, à peser de tout son poids pour la mise en oeuvre d'un plan de gestion de la pêche des requins.
 
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        Le terme « requin » regroupe les différentes espèces de requins mais également les raies et les chimères. Ces espèces sont présentes des eaux froides de la Mer du Nord jusqu'aux eaux plus chaudes de la Mer Méditerranée, depuis les estuaires jusque dans les grands fonds. Bien que les requins ne fassent l'objet que de captures accessoires ou accidentelles, autrement dit, des captures non intentionnelles et non ciblées, ils sont pourtant recherchés pour leur viande, leur peau, l'huile de leur foie, leurs ailerons et leurs dents et plus récemment pour le cartilage de leur squelette. Mais les parties les plus prisées restent les nageoires qui constituent le principal ingrédient de la soupe à l'aileron de requin. Ce met traditionnel chinois coûteux est de plus en plus accessible et consommé compte tenu du nouvel essor économique de la Chine. Résultat, le marché des ailerons de requins de Hong Kong croit de 5% par an et les exportations mondiales de produits issus de requins ont doublé entre 1990 et 2003. Ce besoin grandissant d'ailerons de requins associé à un prix pouvant atteindre 700$/kg, a entraîné l'apparition d'une pratique appelée « finning » qui consiste à couper les nageoires des requins et à rejeter les corps en mer, engendrant un gaspillage énorme.
        
         Au cours des dix dernières années, la participation de l'Europe au marché des ailerons de Hong Kong n'a cessé d'augmenter. Alors que les nageoires importées d'Europe ne représentaient qu'une part négligeable sur ce marché au début des années 1990, elles constituent aujourd'hui pratiquement un tiers des importations totales. Selon les données fournies par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), les pays de l'Union européenne ont péché près de 109.000 tonnes de requins, raies et chimères en 2004. L'Espagne se place en tête avec la capture d'environ 51.000 tonnes (46% du total des captures de l'UE), suivie par la France avec plus de 21.000 tonnes (19,5%), le Royaume-Uni avec 16.000 tonnes (14,6%) et le Portugal avec 7.200 tonnes (6,5%).

         Face à cette situation, les associations de défense du requin comme la coalition Shark Alliance dont l'Association Pour l'Etude et la Conservation des Sélaciens (APECS) en France fait partie, craignent une surexploitation et à terme, la disparition de plusieurs espèces. En effet, ces espèces ont une croissance lente, une maturité tardive, un faible taux de reproduction et une durée de vie élevée. Les populations n'augmentent donc que très lentement ce qui les rend extrêmement vulnérables à la surexploitation. On compte par exemple parmi les cas extrêmes, le requin sombre dont les femelles ne se reproduisent pas avant l'âge de 20 ans en Atlantique, l'aiguillat commun dont la durée de gestation est d'environ deux ans et le requin pèlerin dont la durée de vie est estimée à 50 ans. Selon les ONG, l'absence de limitation des captures de requins fondée sur des bases scientifiques pour les bateaux de l'UE a conduit au déclin de la plupart des populations de requins, de raies et de chimères en Europe. Environ un tiers des espèces des eaux européennes sont considérées comme menacées selon les critères de la Liste Rouge de l'Union Mondiale pour la Nature (UICN).

Shark Alliance et l'APECS appellent tout particulièrement la France afin qu'elle suive les recommandations des scientifiques et qu'elle suspende la pêche ciblant des espèces en danger.
La France est en effet principalement impliquée dans le déclin des populations d'aiguillats et de requins taupes communs. Elle est le seul pays européen pratiquant la pêche ciblée du requin taupe alors que cette espèce est maintenant considérée, par l'Union mondiale pour la nature (UICN), comme en danger critique d'extinction dans l'Atlantique nord-est. Bien qu'elle soit également grande importatrice de requin, l'Allemagne a proposé que l'aiguillat et le requin taupe soient inscrits à l'annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). Mais la France ne s'est pas encore engagée à soutenir cette proposition. Si la France a joué un rôle dans le déclin des populations d'aiguillats et des requins taupes en Europe, elle a maintenant la possibilité de réparer ses erreurs en cessant d'exploiter ces espèces et en soutenant activement leur inscription à la CITES, estime Sonja Fordham, responsable de la politique de Shark Alliance.

Les ONG demandent également à la France de soutenir l'élaboration et la mise en œuvre, par l'Union européenne, d'un plan de gestion des stocks de requins.
Étant donné son influence au sein de l'Union européenne et le vaste rayon d'action de ses navires, la France est un des pays détenant le pouvoir d'assurer ou de compromettre l'avenir des requins en Europe et dans le monde, explique Eric Stéphan de l'APECS. Les associations misent sur la prise de conscience française qui s'est déjà exprimée lors de la mise en place d'un moratoire sur la pêche ciblée des requins de grands fonds de l'Océan Austral. Pour les associations, cette action exemplaire illustre parfaitement le principe de précaution en matière de gestion des requins.

Par ailleurs, Shark Alliance incite fortement tous les États membres à corriger les déficiences de la réglementation européenne relative au prélèvement des ailerons des requins.
Au cours des 15 dernières années, les protestations des scientifiques et du public contre cette pratique ont conduit à son interdiction dans de nombreux pays y compris dans l'ensemble de l'Union Européenne en 2003 et dans la plupart des eaux internationales du monde. La plupart des scientifiques estiment que la manière la plus simple et la plus efficace de rendre effectives cette interdiction est de demander à ce que les requins soient débarqués intacts, avec leurs nageoires. Cependant, pour accorder une plus grande flexibilité aux pêcheurs, la réglementation en vigueur donne la possibilité de stocker séparément les nageoires et les carcasses à bord des bateaux. Une correspondance théorique entre le poids des nageoires et celui des carcasses doit être respectée pour permettre le contrôle. Le calcul de ce ratio permet aux autorités portuaires et de contrôle des pêches de vérifier si le nombre de nageoires débarquées correspond au nombre de carcasses à bord du bateau. Alors que les scientifiques conseillent un ratio de 2%, l'Union européenne accepte un ratio maximum de 5%.
Pour ces ONG, la réglementation européenne est remplie de déficiences et contribue à menacer sérieusement les populations de requins à l'échelle mondiale.

F.LABY

REQUIN TAUPE PRIS A LA LIGNE

          26 juin 2008 à Brest, FRANCE: Bonne nouvelle, l'ALLIANCE SHARK se félicite de la décision prise par la commission OSPAR pour la protection du milieu marin de l'atlantique nord, d'ajouter six éspèces de requins à leur liste d'éspèces menacées: le requin taupe, l'aiguillat, le squale chagrin commun, le squale chagrin de l'atlantique, la roussette portugaise et le requin ange. Ces éspèces sont classées en danger critique d'extinction. L' Union Européenne a établi des limites admissibles de captures et des quotas nationaux pour la peche de l'aiguillat, du requin taupe et des requins d'eaux profondes, mais ces limites sembles trop élevées pour permettre la recupération de ces populations. Les scientifiques ont conseillés l'arret total de la peche de ces éspèces.

           

La France doit protéger les requins

La France doit protéger les requins
crédit : notre-planete.info
Lundi 29 janvier 2007, les scientifiques et les ONG membres de Shark Alliance et de l’Association pour l’étude et la conservation des Sélaciens (APECS) ont tenu une conférence dans l’auditorium du Muséum national d’histoire naturelle, pour appeler l'Etat français, l’un des acteurs les plus actifs en matière de pêche et de commerce des requins en Europe, à peser de tout son poids afin d’améliorer le futur de ces animaux en péril.

Le rôle et le devenir des requins
Les requins ont évolué durant près de 400 millions d’années et jouent un rôle déterminant dans les écosystèmes marins. Comme les prédateurs terrestres tels que les lions et les loups, les requins ont un rôle écologique et aident au maintien de l’équilibre de la vie dans les océans.
Aujourd’hui, les requins figurent parmi les espèces les plus menacées des océans, principalement en raison de la surexploitation. Des dizaines de millions de requins sont tués chaque année, qu’ils soient pêchés intentionnellement, ou accidentellement, dans le cadre des pêcheries industrielles ou de la pêche sportive.
La disparition des populations de prédateurs supérieurs menace sérieusement l’équilibre des écosystèmes et l’impact sur les océans de la diminution du nombre de requins est source de préoccupations.

Les captures de requins en Europe
Quelques-unes des nations pratiquant le plus la pêche aux requins se trouvent en Europe . Entre 1990 et 2003, les captures mondiales de requins ont augmenté de 22%, 80% de ces captures étant le fait de 20 pays (dont l’Espagne, le Portugal, le Royaume–Uni et la France en 2003) (2) .

Selon les données fournies par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les pays de l’Union européenne (UE) ont péché près de 109 121 tonnes de requins, raies et chimères en 2004. L’Espagne se place en tête avec la capture d’environ 51 000 t (46% du total des captures de l’UE), suivie par la France avec plus de 21 000 t (19,5%), le Royaume-Uni avec 16 000 t (14,6%) et le Portugal avec 7 200 t (6,5%) (3).

La consommation et le commerce de chair de requin sont importants au sein de l’Union européenne. Cela concerne surtout l’aiguillat, les émissoles, les roussettes et les raies, ainsi que le requin taupe bleu, appelé aussi requin mako, et le requin taupe commun.

Entre 1990 et 2003, les exportations mondiales de produits issus de requins ont doublé pour atteindre 86 500 t et un montant de près de 250 millions de dollars. En 2003, le Panama, le Costa Rica et l’Espagne ont remplacé le Danemark, l’Allemagne et la Norvège au palmarès des dix pays exportant le plus de requins (4).

Malgré cela, l’Europe continue à jouer un rôle majeur dans le commerce mondial de requins. En 2004, les pays de l’Union européenne ont exporté plus de 40 000 t de chair et autres produits issus de requins, ce qui représente un peu moins de 40% des exportations mondiales de requins. La même année, les importations se sont élevées à plus de 26 000 t de chair de requin, soit près de 30% des importations mondiales de requin (5).

Le cas français
La France figure au top 20 des États pêcheurs de requins dans le monde et au top 10 des Etats importateurs de requins. Ceux-ci sont prisés pour leur chair, leurs ailerons et l’huile tirée de leur foie, utilisée par les industries cosmétique et pharmaceutique.
Or, un tiers des populations européennes de requins qui ont fait l’objet d’une évaluation sont désormais considérées comme menacées selon les critères de la Liste Rouge de l’UICN (Union mondiale pour la nature). 20% supplémentaires sont sur le point de le devenir.

Shark Alliance (1) s’adresse tout particulièrement à la France afin qu’elle suive les recommandations des scientifiques en suspendant la pêche ciblant des espèces en danger, en soutenant de nouvelles restrictions en matière de commerce international, en contribuant, au niveau de l’Union européenne, à la mise en œuvre d’un plan de gestion de la pêche des requins et d’une réglementation plus stricte en ce qui concerne le prélèvement des ailerons.

En 2004, la France a été le deuxième pays européen pêcheur de requins et de raies. Les navires français en ont capturé plus de 21 000 tonnes, non seulement dans les eaux françaises, mais également dans des régions aussi lointaines que l’Antarctique, ce qui représente près de 20% des prises totales de l’Union européenne. L’Union européenne impose peu de limitation des captures de requins dans les eaux communautaires. En France, les requins ne font l’objet d’aucune protection. Un plan de gestion de la pêche des requins a été promis par l’Union européenne, mais jamais réalisé.

" En tant qu’acteur important de l’exploitation et de la consommation de requins en Europe, la France aurait intérêt à ce que les populations soient gérées pour permettre une exploitation durable. Mais elle se positionne souvent contre les propositions de nouvelles mesures de conservation ", a déclaré Eric Stéphan, de
l'APECS." Étant donné son influence au sein de l’Union européenne et le vaste rayon d’action de ses navires, la France est un des pays détenant le pouvoir d’assurer ou de compromettre l’avenir des requins en Europe et dans le monde ".

La France a récemment joué un rôle décisif pour la protection des requins en déclenchant la mise en place d’un moratoire sur la pêche ciblée des requins de grands fonds de l’Océan Austral, mesure décidée par les parties à la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique. Cette action exemplaire illustre parfaitement le principe de précaution en matière de gestion des requins. Shark Alliance demande à la France de jouer un rôle semblable en Europe et de soutenir l’élaboration et la mise en œuvre, par l’Union européenne, d’un plan de gestion des stocks de requins.
Shark Alliance incite fortement tous les États membres de l’Union européenne à promouvoir un plan global de gestion des requins, tenant compte des données scientifiques disponibles, fixant des limitations de captures et corrigeant les déficiences de la réglementation européenne relative au prélèvement des ailerons des requins.

notes
(1)
Shark Alliance est une coalition de plus de 20 ONG dont le but est d’agir pour la conservation et la restauration des populations de requins en tentant de faire évoluer la politique commune de la pêche de l’Union Européenne.
(2) Lack, M. and G. Sant (2006). World Shark Catch, Production and Trade 1990–2003. Australian Government, Department of the Environment and Heritage, and TRAFFIC Oceania
(3) FAO Fisheries Department, Fishery Information, Data and Statistics Unit, Fishstat plus. Universal software for fishery statistical time series. Catches and landings, 2004.
(4) Lack, M. and G. Sant (2006). World Shark Catch, Production and Trade, 1990–2003. Australian Government, Department of the Environment and Heritage, and TRAFFIC Oceania.
(5) FAO Fisheries Department, Fishery Information, Data and Statistics Unit, Fishstat plus. Universal software for fishery statistical time series. Commodities and trade, 2004.
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