
Une équipe de chercheurs spécialistes de la pêche a ajouté quatre types de requins à la liste des espèces menacées d'extinction qui inclut déjà le grand requin blanc et le requin baleine mangeur de plancton.
Quelques jours après la plus grande conférence internationale sur le commerce d’espèces sauvages menacées d’extinction, la CITES [1], nous vous proposons de découvrir le palmarès publié par le WWF des 10 espèces les plus menacées par le commerce et pour lesquelles il faut agir sans plus attendre. La conférence a regroupé 171 pays et s'est tenue du 3 au 15 juin à la Haye aux Pays-Bas.
Le palmarès du WWF reprend les espèces suivantes :


“Les menaces engendrées par le commerce de certaines espèces ont été signalées à la CITES depuis plus de 30 ans. ” explique Stéphane Ringuet, chargé de programme TRAFFIC au WWF-France. “Si ces menaces n’ont pas disparu, d’autres ont vu le jour liées aux changements dans la dynamique de l’économie mondiale. Quel que soit le problème,rien ne changera tant que les gouvernements ne prendront pas au sérieux ce commerce et ses conséquences néfastes pour la conservation de la biodiversité et les populations locales.”
Les espèces sont répertoriées dans trois annexes suivant le niveau de menace qui pèse sur elles :
- l’annexe I comprend des espèces menacées d’extinction, qui sont ou pourraient être affectées par le commerce international. Ce commerce est le plus souvent interdit ;
- l’annexe II comprend des espèces qui ne sont pas actuellement menacées d’extinction mais qui risqueraient de le devenir si leur commerce international n’était pas réglementé, ainsi que les espèces qui leur ressemblent. Leur commerce international est réglementé par un système de permis ;
- l’annexe III comprend des espèces ou des populations qu’un pays réglemente sur son territoire et pour lesquelles il demande l’assistance de la communauté internationale afin de contrôler ses exportations.
[1] Convention sur le Commerce International des Espèces de Faune et de Flore sauvages menacées d’Extinction
Océans - "Les populations de requins ont
décliné de moitié"
Crédit Photo : Rob Stewart : Sharkwater
Des rassemblements de requins-marteaux près des Galapagos.
Propos recueillis par Matthieu DURAND - le 09/04/2008 - 09h19
Le requin, un prédateur menacé par un plus grand prédateur... l'homme. C'est le message que transmet Rob Stewart dans son documentaire Les Seigneurs de la mer, qui sort ce mercredi sur les écran (lire l'encadré ci-dessous). Lors de la présentation du film en avril 2007, au festival Jules Verne, à Paris, LCI.fr avait interviewé Bernard Seret, spécialiste des squales au Muséum national d'histoire naturelle de Paris et à l'Institut de recherche pour le développement (IRD). Voici le constat alarmant qu'il avait dressé :
LCI.fr : Le film Les Seigneurs de la mer met en lumière les menaces qui pèsent sur les requins. Qu'en est-il exactement ?
Bernard Seret (1) : On comptabilise 470 espèces différentes de requins : certaines ont vu leur population chuter de 90%, d'autres de 40%. En moyenne, le déclin est de l'ordre de 50%. C'est la conséquence de l'industrialisation de la pêche depuis les 30 dernières années et d'une forte demande sur le requin à partir des années 90.
LCI.fr : Cette forte demande est-elle liée à la consommation des ailerons de requins dans les pays asiatiques ?
B. S. : On a toujours consommé de la chair de requin partout dans le monde, y compris en Europe. L'émergence économique de pays asiatiques qui sont consommateurs de chair de requins, et notamment de leurs ailerons, a en effet fait exploser la demande. Avec la diminution des stocks [nombre de requins pêchés, NDLR], les prix s'envolent et cela attire des pêcheurs dans le monde entier. Le problème est mondial puisque vous pouvez trouver à Paris des ailerons de requins à 300 euros le kilo. Il faut aussi savoir que parmi les dix principaux pays pêcheurs de requins, quatre sont européens : l'Espagne, la France, le Royaume-Uni et le Portugal.
Selon la FAO, chaque année, 800.000 tonnes de requins sont pêchées dans le monde, ce qui représente entre 30 et 150 millions de requins. Mais on estime que ce chiffre officiel doit être multiplié par deux du fait des captures non déclarées, qu'elles soient involontaires — certains pays ne disposent pas d'organismes de pêche qui peuvent tenir des statistiques — ou pas. Il faut d'ailleurs distinguer les pêches "accidentelles", qui ne visent pas directement les requins mais qui aboutissent à leur capture, comme le font notamment les thoniers ; et les pêches de plus en plus ciblées sur les requins.
LCI.fr : Le film montre que les ailerons sont souvent découpés sur des requins encore vivants puis rejetés à la mer...
B. S. : L'agonie d'un requin dont les ailerons ont été découpés peut durer jusqu'à 90 jours ! Car s'il ne peut plus nager, il peut encore respirer. Au-delà de cette question éthique, toute carcasse rejetée à la mer représente un gâchis écologique mais aussi économique car la chair reste consommable. Une réglementation européenne interdit depuis 2003 le prélèvement d'ailerons avec rejet de la carcasse à la mer, c'est-à-dire que tout requin pêché doit être ramené au port. Mais des dérogations sont données d'office : l'Espagne en a fait la demande, pas la France, mais cela veut dire que les pêcheurs français ne déclarent pas leurs prises de requins.
LCI.fr : Quelles sont les conséquences du déclin des populations de requins ?
B. S. : Si vous éliminez les prédateurs, vous provoquez des effets en cascade. Une étude a montré que dans une région des Etats-Unis, la pêche a fait disparaître les grands requins. Les requins intermédiaires et les raies, qui sont de la même famille, se sont alors mis à pulluler et ont mangé toutes les palourdes. Et la disparition de ces coquillages a fortement nui à l'économie de la pêche. Au large de la Namibie, la disparition des requins et des autres prédateurs a provoqué la prolifération des méduses. Lesquelles mangent les œufs de poissons d'où la chute des stocks dans des eaux pourtant très poissonneuses. Le requin est en situation de crise mais ceci est à replacer globalement dans le contexte de la raréfaction des ressources halieutiques.
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Enquête sur une espèce menacée |
"L'animal que nous craignons le plus est celui sans lequel nous ne pouvons vivre", affirme Rob Stewart dans son film Les Seigneurs de la mer (Sharkwater), qui sort ce mercredi sur les écrans. Le cinéaste-plongeur clame sa passion pour les requins devant l'objectif et dans la mer. Tel Tintin sur la piste des squales, on le suit remonter la filière des ailerons de requins, des pêches illégales dans le sanctuaire des Galapagos jusqu'aux restaurants d'Asie. Des images volées, prises sur le vif, côtoient de superbes séquences sous-marines. Le requin, prédateur devenu proie, apparaît dans toute sa beauté et sa fragilité. Les Seigneurs de la mer fait voler en éclat le mythe du monstre des profondeurs.
1. Apoops Le 14/11/2008 à 03:30
2. lallain Le 03/06/2009 à 19:31
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